Elle pense
sérieusement à se faire avorter, en partie à
cause de la situation difficile que vit sa famille. Après
avoir pris connaissance d'informations sur la nature d'un
avortement, elle quitte le kiosque ety revient quelques minutes
plus tard, ayant décidé de garder son enfant.
Après avoir écouté ses confidences, une
préposée lui offre de pourvoir aux besoins de
la famille par un soutienchaleureux. Alors commencent les
nombreuses visites au domicile de cette mère. Le bébé,
une fille, naît le 25mars suivant. Les deux dames sont
invitées à participer à son baptême.
Cette mère reconnaissante fait du bénévolat
au Centre, ainsi que son mari, durant plusieurs années.
«Puisque
la vie était commencée, il nous fallait agir»résume
Madame Bibeau. C'est à ce moment qu'un service d'écoute
téléphonique leur est venu à l'esprit.
Les deux femmes ont donc élaboré un plan et
recherché un local auprès du Club Kinsmen, du
Club Rotary, des Chevaliers de Colomb, de certaines communautés
religieuses... Le 12 janvier 1985, Madame Cantin et Madame
Edmée Bibeau rencontrent Soeur Paula Morin, des Soeurs
du Bon Pasteur. Ce jour-là marque l'anniversaire de
l'accueil par leur fondatrice, Marie Fitzback, de la «première
femme en détresse» qui venait frapper à
sa porte. Un mois plus tard, le Conseil général
des Soeurs du Bon Pasteur de Québec leur offre un local
sur la rue Sir Adolphe-Routier. En mai, la ligne téléphonique
est installée et il devient possible de prendre les
appels. Déjà, le Centre s'occupe de plusieurs
femmes en difficulté.
Viennent ensuite la mise en place d'une structure provisoire
de conseil d'administration, la recherche de fonds financiers
et de matériel. En septembre 1987, le Centre adopte
son nom actuel (inspiré du titre du livre de Margaret
Payne, une européenne à l'origine de nombreux
centres Birthright) et l'incorporation suit en décembre.
Mais le service aux clientes n'est pas sacrifié aux
besoins de l'administration. En juillet 1987, une mère
se présente et évite de justesse l'avortement
provoqué, avec le concours de plusieurs bénévoles.
Elle devient par la suite bénévole elle-même
et témoigne à plusieurs reprises dans les écoles.
Les services d'appui à la femme enceinte ont pris forme
au fur et à mesure des besoins exprimés. Le
Centre a donc recherché des ressources humaines de
relation d'aide à caractère bénévole.
Nous offrons, en plus de l'écoute téléphonique,
des tests de grossesse gratuits, de l'information sur les
premiers jours de la vie humaine, support moral, visites à
domicile, assistance, dépannage, orientation vers les
ressources du milieu déjà existantes, assistance
durant l'accouchement, suivi assuré tant et aussi longtemps
que nécessaire.... Nous accompagnons les mères
qui le désirent lors de leur accouchement. Nous prononçons
des conférences à des groupes qui nous invitent.
Témoin d'une persévérance sans faille,
Madame Edmée Bibeau est toujours là, avec plusieurs
bénévoles, pour poursuivre l'oeuvre du Centre
Naître et apporter son support. «Nous
voulons par notre travail apporter un peu d'espérance
contre toute espérance, beaucoup d'amour et de miséricorde...»
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