J’apprends par des connaissances qu’il
existe de l’aide pour les femmes enceintes. Alors, je
téléphone au 683-8799 service d’écoute,
alors une femme m’écoute et prend en considération
ma condition, me parle de la vie humaine qui m’habite!!!
Alors j’accepte de me faire aider…. Et je passe
au CLSC sur son indication.
Ma grossesse se déroule sans complication
physique…
Mais ce n’est pas tout : où
vais-je le coucher, l’habiller, voilà, etc…
Voilà les bénévoles se mobilisent en
septembre, je dois prendre un logement plus convenable.
Le linge de bébé arrive…
La couchette est habillée par la bénévole
du Centre naître ou ne pas naître. Le linge de
maternité fourni par un vestiaire des Sœurs de
la Charité.
Les appels au Centre, l’écoute
se fait pressante. Une amie de la paroisse m’accompagne,
ainsi que mon mari revenu pour la naissance du bébé,
m’accompagne à l’accouchement. Le 19-11-99
« Léo » ce petit amour arrive en santé.
Nous sommes heureux…! Le lendemain, la bénévole
du Centre vient me visiter à l’hôpital…
quel réconfort… Je ne peux pas les oublier. Et
leur aide s’est continuée en me fournissant couches,
lait maternisé, nourriture, etc. Merci
En été 2000, je me rends en
Bulgarie où je fais baptisé mon Léo.
J’en reviens et l’aide du Centre se continue jusqu’en
2001*. Au printemps 2001, nous retournons à Sofia,
mais avant de partir, un siège d’auto m’est
donné.
Voilà! Je continue de communiquer
avec une bénévole par courrier.. pour lui répéter
mes milles mercis. Et que nous envisageons d’ouvrir
un Centre naître ou ne pas naître dans notre Sofia,
ville de la Bulgarie!!!
* Elle continua d’étudier
à l’université, en confiant son bébé
à la garderie de l’université. En se rendant
à ses cours, le bébé dans sa poussette.
Hélène
Je n’avais que 19 ans quand je suis
devenue enceinte en habitant avec mon chum (qui sera bientôt
mon ex-mari). Tout d’un coup, j’ai été
confrontée avec “le CHOIX". J’aurais
tant aimé être une mère enceinte comme
on en montre à la télé. Celle qui a une
belle robe de maternité et la chambre du bébé
toute prête en attente et un mari chaleureux qui me
dit “Chérie, j’ai trop hâte”.
Mon chum ne voulait rien savoir d’un
avenir avec moi. Un bébé voulait dire un avenir,
un engagement…
C’est tellement facile d’être
influencée, malgré de vagues convictions morales.
Je me sentais si immature, égoïste et non-préparée
à avoir un enfant.
Mon chum et ma famille ont insisté
qu’il n’y avait pas d’autre alternative
que de choisir l’avortement. J’ai choisi d’être
manipulée verbalement pour accéder à
leur point de vue plutôt que de réfléchir
aux choix qui s’offraient. On ne m’a pas donné
d’options. On a trouvé une clinique rapidement
pour s’occuper de notre petit "problème."
Au cours des semaines, des mois et des années
après mon avortement, j’ai été
par période dépressive, masqué parfois
par des poussées d’hyperactivité désespérée.
La tristesse de ce qui est arrivé m’entoure comme
la senteur des fleurs de funérailles qui perdure après
que les funérailles soient passées.
Caroline
J’avais dix-sept ans quand j’ai eu mon avortement
du second trimestre par injection saline. Bien que j’aurais
voulu avoir mon bébé, mes parents m’ont
poussée à subir l’avortement. Après
plusieurs heures de contractions, j’ai donné
naissance à un bébé garçon mort.
Dire que cela a eu un impact majeur sur ma vie est un euphémisme.
À travers ma guérison, j’ai appris comment
avoir plus de compassion et de miséricorde pour les
autres. Je fais attention à ne pas juger, parce que
je sais d’où je viens et à quel point
j’ai eu besoin de compassion et de miséricorde.
À travers mon enfant perdu à l’avortement,
Dieu m’a enseigné l’amour véritable
et non les attaches égoïstes que j’ai toujours
voulues. À travers le pardon que j’ai reçu
de Dieu et des autres, j’ai appris comment pardonner
aux autres – et même à moi. À cause
de l’amour que j’ai trouvé en Dieu, j’ai
moins peur de la souffrance, parce que je ne suis jamais seule
dans cette vie. Il est là avec moi.
Je ne vous mentirai pas. Ça a été un
cheminement difficile. Tu dois te regarder honnêtement,
et c’est épeurant de faire face à tous
ses défauts. Pour nous qui sommes post-avortement,
les choses qu’on doit affronter sont souvent les mêmes
peurs qui nous ont fait choisir l’avortement au départ.
Le paradoxe est que lorsqu’on fait face à ces
choses – la peur de l’abandon, l’amour de
soi, la vanité – c’est alors qu’on
s’en libère. Même si la route est difficile,
ce n’est jamais aussi difficile que ce que vous vivez
maintenant.
Souvenez-vous que vous n’êtes pas seule avec
vos sentiments. Il y a des raisons. Il n’y a pas de
place pour de la « politique » ou de la controverse
dans la guérison après un avortement. Nous avons
perdu nos enfants. On doit nous permettre de les pleurer.
Élisabeth
Je me suis sentie si sale et sans valeur. Je me souviens
après avoir quitté la clinique, je suis retournée
à la maison avec ma mère et je me souviens qu’elle
m’a dit « Tu as eu un D & C. Tu es jeune et
tu t’en remettras. Tu as juste à oublier que
c’est arrivé et de vivre. » J’ai
fait exactement cela. Ou c’est ce que je pensais. J’ai
rencontré mon mari et je me suis mariée. Mais
je ne lui ai pas parlé de l’avortement. Je ne
pensais pas que je pouvais lui en parler, sinon il me haïrait
et il me quitterait.
Nous avons eu notre première fille et je n’ai
jamais ressenti l’amour profond que j’aurais dû.
Pour plusieurs raisons, je suppose. La première, c’est
que je n’avais jamais pleuré la perte de l’enfant
que j’ai avorté. J’avais aussi peur de
trop l’aimer. Je pensais que Dieu me l’enlèverait
pour me punir d’avoir tuer mon premier enfant. Nous
avons eu un deuxième enfant que j’ai aimé
beaucoup.
Nous étions mariés depuis à peu près
dix ans, et la douleur de mon avortement devenait insoutenable.
Un matin, j’ai pleuré en racontant la vérité
à mon mari. Je me souviens de lui avoir dit que j’avais
vraiment besoin de lui dire quelque chose, mais qu’il
m’en voudrait probablement. Je lui ai parlé de
l’avortement et j’ai été renversée
d’entendre tout l’appui et la compassion qu’il
m’a donnés. Je réalise que ce soutien
que j’ai reçu pour la première fois de
ma vie, m’a permis de chercher de l’aide. Avant
cela, je n’ai jamais vraiment senti que je méritais
l’amour ni que je m’aimais moi-même.
J’ai perdu un enfant très spécial, et
il me manquera; je l’aimerai de tout mon cœur.
Mais je crois fermement que ce même enfant m’a
montré qu’il est possible d’aimer de nouveau.
Remerciements à l’Elliot Institute
MA MEILLEURE DÉCISION !
Josée Lafontaine, dans
La Presse, 6 mars 2005
Ce droit d’avorter qui
nous a été donné, je le honnis. Je le
déteste.
Je désire vous raconter brièvement
mon expérience de vie. À l’âge de
28 ans, j’ai vécu une grossesse non désirée.
Un bébé-stérilet, comme on dit. Trois
petites relations sexuelles et ça y était.
J’ai voulu me faire avorter. J’étais
alors enceinte de neuf toutes petites semaines. Neuf semaines!
Mais laissez-moi vous dire que ce que j’ai vu à
l’échographie, ce n’était pas gros
comme une tête d’aiguille comme on nous l’a
tellement dit.
Ça avait un corps, une tête,
des bras, des jambes. Je me souviens encore du cordon ombilical
qui tournoyait vers le haut. C’est au moment de cette
échographie que j’ai décidé de
ne pas me faire avorter. Je n’aurais pas été
capable de faire ça et de vivre avec ma conscience
toute ma vie. Je comprends qu’il y ait de plus en plus
de suicides au Québec, parce que ça ne doit
pas être évident de vivre avec ça.
Quand je suis retournée dans le centre
de femmes et que j’ai dit à l’infirmière
que je n’avais plus l’intention de me faire avorter,
elle s’est mise à me crier dessus.
Ma décision était pourtant
bien prise. L’infirmière a enlevé le stérilet
et ça n’a pas saigné. J’aurais tellement
aimé être en face d’une bonne grand-mère,
qui m’aurait dit : « Tu vas voir, tout va très
bien aller. Tu n’es pas la première. »
Et j’aurais aimé qu’elle me prenne dans
ses bras. Tout simplement comme une bonne grand-mère
l’aurait fait. Par solidarité féminine.
Par solidarité québécoise. Par solidarité
tout court.
L’avortement? C’est banalisé
au Québec. Jamais l’infirmière ne m’a
suggéré de garder mon enfant. Il a même
fallu que je m’obstine avec elle. Alors vous repasserez
concernant le problème de santé publique….
Moi, j’ai vécu ça dans
l’abandon. J’ai accepté à ce moment
toutes les conséquences de mes gestes quels qu’ils
allaient être. Puis, j’ai accouché d’une
belle fille et je dois vous dire quel bonheur cette enfant
a apporté dans ma vie! Je dois aussi vous dire que
ça n’a pas été facile. Mais que
c’est la meilleure décision de ma vie. Vraiment.
Je suis très fière de moi.
On ne peut pas être « gris »
concernant l’avortement. Il faut être blanc ou
noir. On ne peut avoir un bébé à moitié.
On ne peut non plus avoir un pays à moitié.
Ce droit d’avorter qui nous a été donné,
je le honnis. Je le déteste. Il nous vole notre cœur,
notre solidarité, notre volonté de nous prendre
en main. Notre futur. Et ce qui me fait mal, c’est lorsque
je me demande ce que sera notre pays dans 20 ans au train
où cela va au Québec présentement au
chapitre des finances publiques et tenant compte du déclin
démographique. Et ça me fait mal. Ça
me fait très mal. Parce que c’est mon Québec.
C’est mon chez-nous. Et que je l’aime.
Reproduit avec permission.
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